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Un regard sur le patrimoine de la commune du Garric

« Mon Dieu qu’il y a de croix sur cette terre, croix de bois, croix de fer, humbles croix familières, de silencieuses croix qui veillent sur le monde … » (chanson de Piaf)

   Depuis la plus haute antiquité, la croix est un des symboles le plus utilisé par tous les hommes. Le symbole de la branche horizontale est la mort, celui de la branche verticale, la vie ; les 4 extrémités représentent les 4 points cardinaux, les 4 éléments, 4 saisons (et même les 12 mois avec la croix occitane). Ce signe a dominé et accompagné, pour le meilleur et pour le pire, nos civilisations occidentales depuis le VIème siècle (auparavant, les symboles chrétiens étaient le poisson ou l’agneau).
   Que l’on soit croyant ou non croyant, sans mysticisme ni ésotérisme, ces créations humaines, croisées le long des chemins nous émeuvent, surtout si elles sont anciennes, car elles sont chargées de tout l’imaginaire et de toute la foi de nos ancêtres parfois très proches.
   Ces monuments font partie du patrimoine communal ; ils ont participé à l’histoire de nos « anciens » et s’inscrivent ainsi dans la notre. Les athées verront dans la croix la beauté dépouillée du fer forgé, de la pierre taillée ; les chrétiens y ajouteront la satisfaction d’y voir les attributs de leur foi chrétienne.
   Un grand nombre de croix servent de témoins. C’est ainsi que le lieu d’une mort brutale fait l’objet d’une érection de croix.

   C’est l’histoire de 3 croix mémoriales de notre sol communal que je vous propose de découvrir.
   Tout d’abord la « Croix de Rives », sur la paroisse de Sainte-Martianne, à droite du chemin après avoir franchi le ruisseau de Las Combes, depuis Sainte-Martianne vers La Guimerie. Il s’agit d’une croix en fer forgé sur un piédestal en pierre. Cette superbe croix, véritable œuvre d’art, commémore la mort accidentelle d’une adolescente de 17 ans : Marie-Augustine Rives. Le 5 avril 1886, cette jeune fille a été écrasée en ce lieu par une charrette qui s’est renversée sur elle. Cette croix, érigée par les parents de l’adolescente, est là pour témoigner de cette mort brutale, au bord du chemin. 
   Cette croix n’étant pas directement visible de la maison familiale, la maman d’Augustine souhaita qu’une seconde croix soit érigée devant sa maison, de l’autre côté du chemin. Pas de Christ sur la croix, seulement une statue en fonte de  la Vierge, au pied de la branche verticale est là pour rappeler aux parents le souvenir de leur fille chérie cruellement disparue.

   Sur le plateau calcaire du puy de Pouzounac, dominant Cap Découverte à l’ouest et la déviation de Carmaux au nord, une simple croix en fer forgé sur un piédestal en pierre est là pour rappeler les terribles ravages de la « grippe espagnole » de 1918-1919. Cette grippe aviaire fit en quelques mois seulement, plus de victimes que la première guerre mondiale qui se terminait cette même année. Les registres d’état civil de l’époque montrent que la famille Fenouillet fut particulièrement touchée ; parfois deux décès dans la même journée, suite à cette pandémie. Est-ce en hommage aux disparus ou pour remercier les cieux d’avoir épargné deux membres de la famille que la croix fut érigée ? Elle fut construite selon les souhaits des survivants, sur ce plateau, en limite de leur propriété, visible depuis leur maison, en bordure de la route du Trap.


Jean-Louis Canac

Un article sur les croix de chemin du Garric est à retrouver 
dans notre première publication "Les Premiers Cahiers", sortie : fin mai 2012.