Les Cahiers n°6 sont sortis depuis le 14 décembre 2024. Les numéros 2, 3, 4 et 5 sont toujours disponibles, contrairement aux Premiers Cahiers épuisés. En vente sur Carmaux ou par correspondance en nous envoyant un courriel à histoireetpatrimoineducarmausin@yahoo.fr Retrouvez l'actualité de l'association sur la page Facebook : www.facebook.com/histoireetpatrimoineducarmausin

Tour de France 2011

Expositions
"Sur les pas d'Henri Desgrange,
fondateur du Tour de France"
au Centre Culturel de Carmaux jusqu'au 30 juillet 2011
à l'occasion du passage du Tour de France 2011 dans le Carmausin (12 et 13 juillet)
Entrée Libre


Réalisées en partenariat avec Jacques Lablaine, Jacques Seray, les Archives municipales, Imagine Carmaux, l'association philatélique de Carmaux et Histoire et Patrimoine du Carmausin.

Le programme complet des animations pour le Tour de France est consultable sur www.carmaux.fr

Restauration du linteau de porte de la maison de Pierre Jean Louis Campmas

(Travaux réalisés bénévolement par des membres de l'association Histoire et Patrimoine du Carmausin)

   Devenu insalubre pour les autorités en place, le quartier du "Rajol" au début des années 1970 a été rasé. Misent aux rangs des vieux meubles délaissés pour le révolutionnaire formica, les vieilles maisons moyenâgeuses faites en pisé et colombages, ont laissé la place à l'intelligence Corbusienne et au béton roi. C'est ainsi que la maison natale du conventionnel Pierre Jean Louis Campmas, a été couchée par les pelleteuses et autres marteaux- piqueurs. Maison au demeurant fort simple comme étaient toutes les habitations du plus vieux quartier de Carmaux. L'originalité de la sienne tenait dans le linteau de pierre de sa porte d'entrée. Il faut dire que cette pierre n'est pas banale. Il y avait fait gravé en 1791, par le citoyen Savy, dit Cournac le millésime et la devise :

1791 LA CONSTITUTION OU LA MORT   
                                                                    
   L'époque n'était pas à la nostalgie des vieux cailloux. La ville manquait cruellement de logements "modernes". Faire table rase du passé c'était propulser la cité dans la modernité. La pierre sera brutalement mise à terre et cassée. De cette période, elle garde encore de nombreuses marques. L'histoire du renouveau de ce linteau commence ici, sur son tas de ruine.

BENOIT Didier

Ci-contre, des bénévoles 
pendant la restauration du linteau (été 2010)


L'intégralité de cet article est à retrouver dans notre première publication 
"Les Premiers Cahiers", sortie : fin mai 2012.

Recherche sur les origines de l’église Sainte Cécile de Carmaux

Eglise sainte Cécile, actuellement chapelle Saint-Roch

1) Un document vieux de sept siècles

   Le plus vieux document qui soit en notre possession et qui cite l'église Sainte-Cécile de Carmaux est un acte notarié daté de 1311. Mais son origine va très certainement au delà. Cette église occupe un lieu privilégié par les hommes depuis fort longtemps. La terre au nord du Cérou est occupée à l'époque Gallo romaine comme en témoigne les débris de poteries, d'amphores qui ont été découverts. Ces vestiges sont la preuve d'implantations agricoles dont il nous reste aujourd'hui quelques noms : Rayssac, Vialards. L'exploitation métallifère de l'Abenq atteste aussi de cette présence humaine dans la première moitié du premier millénaire. Un lieu de culte rural (fanum) occupait-il déjà cette zone de Carmaux ? Il n'est pas rare dans nos contrées que des églises soient bâties sur d'anciens lieux de cultes païens. A Pouzounac (Le Garric), à Saint Dalmaze (Cagnac) pour ne citer que les plus proches. L'époque Carolingienne verra la création des premières paroisses chrétiennes avec chacun leur église bâtie au centre d'une aire géographique regroupant plusieurs petits foyers de vie. Ce sont de simples bâtisses qui font plus penser à des granges qu'à des monuments sophistiqués, tel  Saint Urbain (Puycelci) ou Sainte Marie de Sanguinou. La typologie architecturale de Sainte Cécile interpelle dans ce sens là.

BENOIT Didier
L'intégralité de cet article sera à retrouver prochainement dans notre revue.

Historique des rues de Carmaux

   Une évocation mélangeant histoire locale et nationale. C'est une analyse par Jean Picard, des personnes, des batailles et en outre le particularisme local ; en fait c'est une traversée politique et artistique du temps.

   Deux rues parmi tant d'autres :

   Chemin de la Favarelle :
   Chemin situé dans le quartier de la Favarelle compris entre la zone d'activités (abattoirs, services municipaux ...) et donnant accès avenue du Roucan. L'origine de sa dénomination n'est pas évidente.
- Soit chemin et quartier situés dans une zone très fréquentée par des pigeons ramiers très friands de fèves
- Soit le plus simplement ancienne zone rurale où se trouvaient nombre de champs de fèves ou faveroles, fourage destiné à l'alimentation du bétail.
- Soit enfin le nom d'une ou d'un précédent propriétaire.

   Rue Léo Ferré
  Rue située dans l'ancien domaine de La Peyre, route de St-Jean-de-Marcel et regroupant plusieurs chanteurs : Piaf; Brasseur, Brel et Léo Ferré.
   Né le 24 août 1918 à Monaco, il a eu une enfance et une adolescence assez agitée. Après son bac, il effectue à Paris des études de droit et de sciences politiques puis il se tourne vers la chanson engagée mêlant amour et révolte. Il obtiendra le grand prix de l'Académie Charles Cros. Parmi ses innombrables succès : la chanson du mal aimé, Jolie môme, Paname, Avec le temps, ... Il meurt le 14 juillet 1993 en Italie en Toscane qu'il a toujours aimée.

  D'autres histoires de rues sont à retrouver dans notre  première publication 
"Les Premiers Cahiers", sortie : fin mai 2012.

Un regard sur le patrimoine de la commune du Garric

« Mon Dieu qu’il y a de croix sur cette terre, croix de bois, croix de fer, humbles croix familières, de silencieuses croix qui veillent sur le monde … » (chanson de Piaf)

   Depuis la plus haute antiquité, la croix est un des symboles le plus utilisé par tous les hommes. Le symbole de la branche horizontale est la mort, celui de la branche verticale, la vie ; les 4 extrémités représentent les 4 points cardinaux, les 4 éléments, 4 saisons (et même les 12 mois avec la croix occitane). Ce signe a dominé et accompagné, pour le meilleur et pour le pire, nos civilisations occidentales depuis le VIème siècle (auparavant, les symboles chrétiens étaient le poisson ou l’agneau).
   Que l’on soit croyant ou non croyant, sans mysticisme ni ésotérisme, ces créations humaines, croisées le long des chemins nous émeuvent, surtout si elles sont anciennes, car elles sont chargées de tout l’imaginaire et de toute la foi de nos ancêtres parfois très proches.
   Ces monuments font partie du patrimoine communal ; ils ont participé à l’histoire de nos « anciens » et s’inscrivent ainsi dans la notre. Les athées verront dans la croix la beauté dépouillée du fer forgé, de la pierre taillée ; les chrétiens y ajouteront la satisfaction d’y voir les attributs de leur foi chrétienne.
   Un grand nombre de croix servent de témoins. C’est ainsi que le lieu d’une mort brutale fait l’objet d’une érection de croix.

   C’est l’histoire de 3 croix mémoriales de notre sol communal que je vous propose de découvrir.
   Tout d’abord la « Croix de Rives », sur la paroisse de Sainte-Martianne, à droite du chemin après avoir franchi le ruisseau de Las Combes, depuis Sainte-Martianne vers La Guimerie. Il s’agit d’une croix en fer forgé sur un piédestal en pierre. Cette superbe croix, véritable œuvre d’art, commémore la mort accidentelle d’une adolescente de 17 ans : Marie-Augustine Rives. Le 5 avril 1886, cette jeune fille a été écrasée en ce lieu par une charrette qui s’est renversée sur elle. Cette croix, érigée par les parents de l’adolescente, est là pour témoigner de cette mort brutale, au bord du chemin. 
   Cette croix n’étant pas directement visible de la maison familiale, la maman d’Augustine souhaita qu’une seconde croix soit érigée devant sa maison, de l’autre côté du chemin. Pas de Christ sur la croix, seulement une statue en fonte de  la Vierge, au pied de la branche verticale est là pour rappeler aux parents le souvenir de leur fille chérie cruellement disparue.

   Sur le plateau calcaire du puy de Pouzounac, dominant Cap Découverte à l’ouest et la déviation de Carmaux au nord, une simple croix en fer forgé sur un piédestal en pierre est là pour rappeler les terribles ravages de la « grippe espagnole » de 1918-1919. Cette grippe aviaire fit en quelques mois seulement, plus de victimes que la première guerre mondiale qui se terminait cette même année. Les registres d’état civil de l’époque montrent que la famille Fenouillet fut particulièrement touchée ; parfois deux décès dans la même journée, suite à cette pandémie. Est-ce en hommage aux disparus ou pour remercier les cieux d’avoir épargné deux membres de la famille que la croix fut érigée ? Elle fut construite selon les souhaits des survivants, sur ce plateau, en limite de leur propriété, visible depuis leur maison, en bordure de la route du Trap.


Jean-Louis Canac

Un article sur les croix de chemin du Garric est à retrouver 
dans notre première publication "Les Premiers Cahiers", sortie : fin mai 2012.