Sollicitée par la municipalité de St-Jean-de-Marcel, notre équipe de restaurateurs-bénévoles a procédé au mois de juin à la restauration de la croix située à l'entrée du village.
Les Cahiers n°6 sont sortis depuis le 14 décembre 2024. Les numéros 2, 3, 4 et 5 sont toujours disponibles, contrairement aux Premiers Cahiers épuisés. En vente sur Carmaux ou par correspondance en nous envoyant un courriel à histoireetpatrimoineducarmausin@yahoo.fr
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Retour en images sur la restauration de l'emblème du Cercle des Travailleurs (Carmaux)
| Façade du Cercle des Travailleurs avant restauration (Avenue Jean Jaurès à Carmaux) |
Le Cercle des Travailleurs a été créé par douze verriers, huit mineurs, un
barbier, un instituteur, un charron, un maçon, un boucher et un sculpteur. La
date retenue pour la fondation est celle de 1880.
Ce morceau de calcaire tendre présente une surface
très dégradée, en grande partie déminéralisée. Une pellicule noire et grasse reste encore présente
sur tout le feuillage sculpté. Sur les parties nues de la pierre, les grains de
calcaire se détachent par frottement des doigts. L’étape suivante de
restauration, après dégraissage, a été de consolider ces zones et de
reprendre au mastic de sculpteur les parties détruites.
Première opération : nettoyage.
Après l'application d'un cataplasme
"cellulose-argile-gel de nettoyage, les restaurateurs bénévoles ont
procédé au nettoyage minutieux de la pierre. Le travail s'est terminé par
raclage de zones très ciblées. Séchage à cœur de la pierre en cabine pendant sept jours.
La deuxième, de consolider (reminéraliser) la
pierre en profondeur avec une solution de silicate d'éthyle (3 litres , temps de séchage
15 jours).
La troisième, de réparer et reconstituer à l'aide de mastic
à base de chaux et poudre calcaire la surface et les éléments disparus de la
sculpture.
Des traces de polychromies se sont révélées, dont
un rouge très vif pour le lettrage.
La quatrième, passage d’une patine de fond afin de
préparer la pierre.
Reproduction sur papier des éléments à
reprendre, fabrication d'un mastic de sculpteur et application soignée sur
les parties endommagées de l’œuvre, restitution du coq et autres pièces
manquantes de la lampe.
La cinquième, patine polychrome de finition.
40 heures de travail bénévole ont été nécessaires pour réaliser cette restauration.
Un autre article sur l'emblème du Cercle des travailleurs : cliquez ici.
Photos de Didier Benoit.
La restitution du cadran solaire du Domaine de la Verrerie
Depuis quelques semaines, il est désormais possible d'admirer le cadran solaire situé sur le pigeonnier du Domaine de la Verrerie. Sa reconstitution a été assurée par Didier Benoit, qui nous relate l'histoire de ce cadran, sa description et sa réalisation. L'association Histoire et Patrimoine du Carmausin de son
côté s'est investie dans des recherches en archives et sur site, afin de réunir
le maximum d'informations susceptibles d'aider à cette restitution.
Par décret
royaux du 2 mai et du 12 septembre 1752,
Louis XV autorise Gabriel de Solages et sa descendance à créer une verrerie à
bouteilles et une concession pour exploiter les mines de charbon autour de cette verrerie. Entre 1752 et
1754, la verrerie royale de Carmaux avec ses dépendances (maisons de verriers et
de direction, stockage, puits d'extraction etc….) verra le jour. Une briqueterie
sera aussi créée A partir de 1755, Gabriel de Solages et son épouse Marie de
Julliot de Longchamps s’installent dans une
gentilhommière qu’ils viennent de faire construire et qui intègre le
nouvel ensemble de fabrique. Le pigeonnier qui
porte le cadran solaire date de cette époque là, et a logiquement était
construit dans la continuité de cet
ensemble de production d’avant-garde.
Le tracé
mathématique de ce cadran solaire, interprété à partir de la photo ci-dessus,
emmène les personnes averties à la science gnomonique, à la création d’un
instrument de précision. Il a été conçu pour le personnel privé et professionnel du lieu, et attraper la fuite du
temps que les horloges du domaine ne savaient encore maîtriser. Nous avons donc
là, la quasi certitude, qu’un cadran solaire a été dès l’origine de la verrerie
mis en place pour participer à la gestion du temps de la production humaine. Ce
même temps maîtrisé qui ouvrira, dans les décennies à venir, le chemin de la
révolution industrielle.
Le pigeonnier
aujourd'hui est amputé de la partie septentrionale de son bâtit. On peut voir
sur le plan du XVIIIème siècle reproduit sur la façade opposée à celle qui
porte le cadran solaire l'implantation de la fabrique avec toutes ses
dépendances au moment de sa création. Pour l'histoire, le château représenté sur
le dessin prendra la place de la gentilhommière quelques temps après la
naissance de la fabrique.
> Le cadran solaire :
Ce cadran solaire à été répertorié dans la deuxième moitié du XIXème siècle par le Baron Edmond de Rivières, éminent archéologue Tarnais natif d’Albi, à qui l’on doit les premiers recensements des cadrans solaires de France. Dans son livre «Inscription et devises horaires de 1885 » il cite : Au domaine du Marquis de Carmaux un cadran solaire avec sa devise UMBRA REGIT. La photo ci-dessus qui date du début du XXème apporte un complément d’informations inespéré et sur lequel va pouvoir s’appuyer sa restitution. La vue de ce cadran solaire est exceptionnelle de clarté. Comme on peut le voir sur la photo, la table (2) du cadran est grande (les pierres d'angles encore visibles de nos jours servent de jalons). Cette table est positionnée basse sur le pigeonnier afin que la corniche de la toiture ne nuise pas à son éclairage en été. Le style (3) en fer forgé est puissant. Une protubérance termine son extrémité. Les lignes des heures et des demi-heures partent toutes de son point d'implantation. Le centre de cet indicateur du temps semble porter une tête radiée qui figure l'astre du jour ; dont les lignes simulent les rayons. Aux extrémités des droites des heures, dans un bandeau délimité par deux liserés, se lient les chiffres arabes 8, 9, 10, 11, 12, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 puis, au dessus, dans l'espace laissé libre entre le pied du style et le bandeau supérieur l’emplacement de deux mots à peine perceptibles: UMBRA REGIT, que le baron de Rivières nous dévoile dans son mémoire. Sur la table la palette des couleurs se limite aujourd’hui à l’interprétation des teintes saturées. Tous les composants majeurs de cet indicateur du temps nous sont donc connus excepté le millésime dont une ombre suggère l’emplacement entre les deux mots de la devise.
> Le cadran solaire :
Ce cadran solaire à été répertorié dans la deuxième moitié du XIXème siècle par le Baron Edmond de Rivières, éminent archéologue Tarnais natif d’Albi, à qui l’on doit les premiers recensements des cadrans solaires de France. Dans son livre «Inscription et devises horaires de 1885 » il cite : Au domaine du Marquis de Carmaux un cadran solaire avec sa devise UMBRA REGIT. La photo ci-dessus qui date du début du XXème apporte un complément d’informations inespéré et sur lequel va pouvoir s’appuyer sa restitution. La vue de ce cadran solaire est exceptionnelle de clarté. Comme on peut le voir sur la photo, la table (2) du cadran est grande (les pierres d'angles encore visibles de nos jours servent de jalons). Cette table est positionnée basse sur le pigeonnier afin que la corniche de la toiture ne nuise pas à son éclairage en été. Le style (3) en fer forgé est puissant. Une protubérance termine son extrémité. Les lignes des heures et des demi-heures partent toutes de son point d'implantation. Le centre de cet indicateur du temps semble porter une tête radiée qui figure l'astre du jour ; dont les lignes simulent les rayons. Aux extrémités des droites des heures, dans un bandeau délimité par deux liserés, se lient les chiffres arabes 8, 9, 10, 11, 12, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 puis, au dessus, dans l'espace laissé libre entre le pied du style et le bandeau supérieur l’emplacement de deux mots à peine perceptibles: UMBRA REGIT, que le baron de Rivières nous dévoile dans son mémoire. Sur la table la palette des couleurs se limite aujourd’hui à l’interprétation des teintes saturées. Tous les composants majeurs de cet indicateur du temps nous sont donc connus excepté le millésime dont une ombre suggère l’emplacement entre les deux mots de la devise.
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| Le cadran solaire restitué |
Note :
Le millésime en partie effacé porté aujourd'hui sur le cadran solaire restitué
est de mon interprétation, car la date précise de la décennie qui a vu sa
création ne nous est pas connue. Saint Hildevert me pardonnera cette
liberté.
Son
chiffrage de type "Arabes" interpelle. La gnomonique du XVIIIème siècle se nourri
de chiffres Romains et médite sur des devises latines. Sur le cadran solaire de
la verrerie seule la devise est conforme aux usages de l'époque. Elle marque son
appartenance à la religion de l'église de Rome dont le siècle est tout imprégné.
"Umbras umbra regit, pulvis et umbra sumus" ; l'ombre dirige nos ombres,
nous ne sommes qu'ombre et poussière. Son origine est à rapprocher de la Genèse,
III,19. Encore une fois notre condition de mortel nous est rappelée. Le
chiffrage Arabes trouve ici son sens dans une lecture vulgaire. Il n'est pas un
cas isolé dans la gnomonique tarnaise.
> L'oeuvre :
Ce
cadran solaire de facture académique est la réalisation d’un cadranier (4)
professionnel. La disposition et netteté du tracé mathématique analysée sur la
photo, laisse présager une table légèrement déclinante sud/ouest, ce qui c'est
avéré vrai après vérification.
Dans
la pure tradition gnomonique (1) de notre région, ce cadran solaire est réalisé
sur un corps d’enduit de chaux selon la technique ancestrale du travail de la
fresque. Ce cadran a disparu de nos jours. J'ai rencontré une seule difficulté,
la ligne horaire de 2h 30. Pour des raisons historiques je l'ai laissé telle
que le cadranier l'avait calculé.
Note :
Nous avons avec l'association Histoire et Patrimoine cherché dans le corps
d'enduit les restes d'éventuels vestiges de l'ancien cadran solaire. Nous
n'avons rien trouvé. En 1968, le crépis du pigeonnier ainsi que celui de château
a été entièrement refait et les maçon ont piqué les murs à la pierre. La facture
de ce travail est de très mauvaise qualité, âgé seulement d'une cinquantaine
d'années cet enduit est totalement déminéralisé et s'enlève avec le plat de la
main. Une simple minéralisation réglerait définitivement le problème.
(1) Gnomonique : art de concevoir, dessiner ou calculer et construire des cadrans
solaires.
(2)
Table :
surface sur laquelle le cadranier
réalise
son cadran solaire (bois, pierre, fer, enduit
etc…)
(3)
Style :
tige en fer la plupart des cas qui porte sur la table du cadran solaire l’ombre
nécessaire à la lecture des angles horaires. L’équivalent des
aiguilles de nos montres.
(4)
Cadranier
(ou gnomoniste) : celui
qui réalise des cadrans solaires, les installe ou les
restaure.
> Remerciements : Francis Maffre président de la
Communauté des communes du Carmausin ainsi que toute son équipe, la caisse
locale du Crédit Agricole de Carmaux, la fondation de la Banque Populaire Occitane.
Didier Benoit
L'emblème du Cercle des Travailleurs restauré
Exposé dans un premier temps dans le hall de la mairie de Carmaux, l'emblème du Cercle des Travailleurs restauré par des bénévoles de l'association, a retrouvé son emplacement initial : la façade de l'ancien Café des Arts.
Prochainement sur ce blog son histoire, les étapes de sa restauration ainsi que les photos des bénévoles au travail.
Prochainement sur ce blog son histoire, les étapes de sa restauration ainsi que les photos des bénévoles au travail.
En attendant, à lire, deux articles de La Dépêche du Midi (6/06/2013)
sur la restauration de l'emblème et sur Jean-Pascal Simorre.
La restauration de la maquette d'André Martin représentant les deux puits de mine de La Tronquié
| La maquette restaurée |
Sans compter les heures, armés de patience et d'une bonne dose de précision, les bénévoles ont donc procédé à cette restauration.
Ci-dessous, retrouvez les images de leur travail.
Ci-dessous, retrouvez les images de leur travail.
La maquette rejoindra l'école de Fontgrande, pour transmettre aux jeunes générations la mémoire de l'industrie minière sur le Carmausin. Un grand bravo à tous les bénévoles !
Plus d'explications dans un article sur les restaurations entreprises par l'association,
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